Avec le temps, les joints d’une terrasse en béton se fissurent, s’effritent ou laissent passer l’eau, au risque de fragiliser les dalles et de favoriser les mauvaises herbes. Faut-il simplement les combler ou reprendre entièrement leur préparation ? Cet article vous explique comment retirer l’ancien matériau, choisir un mortier adapté et refaire des joints durables, propres et résistants aux intempéries.
Quand refaire les joints d’une terrasse en béton ?
Les joints d’une terrasse en béton jouent un rôle essentiel dans la tenue du revêtement. Ils limitent les infiltrations d’eau entre les dalles, réduisent le développement des mauvaises herbes et contribuent à maintenir une surface propre et stable. Avec les variations de température, le gel, les pluies répétées ou simplement le vieillissement, ils finissent toutefois par se dégrader.
Plusieurs signes indiquent qu’une rénovation devient nécessaire. Des joints qui se fissurent, se creusent ou s’effritent ne remplissent plus correctement leur fonction. Il faut également intervenir lorsque le matériau se détache facilement au passage d’un balai, lorsque de la végétation apparaît entre les dalles ou lorsque l’eau stagne dans les interstices après une pluie.
Dans certains cas, seule une petite partie du joint est altérée. Une réparation localisée peut alors suffire, à condition que le reste du matériau soit encore parfaitement adhérent. En revanche, si les joints sont dégradés sur une grande partie de la terrasse, il est généralement préférable de retirer l’ancien matériau et de reprendre l’ensemble du rejointoiement. Appliquer simplement du mortier neuf sur un joint friable risque en effet de produire une réparation peu durable.
La période choisie pour les travaux a également son importance. Le rejointoiement doit idéalement être effectué par temps sec et modéré, en évitant les fortes chaleurs, le gel et les épisodes pluvieux. Le mortier peut ainsi prendre correctement et sécher dans de bonnes conditions.
Quels outils utiliser pour rénover les joints extérieurs ?
La rénovation des joints ne nécessite pas forcément un équipement complexe, mais quelques outils adaptés permettent de travailler plus proprement et d’éviter d’endommager les dalles.
Pour retirer les anciens joints, il est possible d’utiliser un grattoir à joints, un burin fin ou une petite massette lorsque le matériau est peu résistant. Pour des joints plus durs ou une terrasse de grande superficie, un outil électroportatif équipé d’un disque ou d’un accessoire adapté au dégarnissage peut faire gagner du temps. Il faut toutefois l’utiliser avec précaution afin de ne pas ébrécher les bords des dalles.
Un aspirateur de chantier ou une brosse rigide permet ensuite d’éliminer les poussières et les résidus présents dans les espaces dégarnis. Un nettoyeur à pression peut également être utile pour laver la terrasse, à condition de ne pas fragiliser davantage les joints encore en place si leur retrait n’est pas terminé.
Pour la pose du nouveau mortier, prévoyez notamment :
- un seau ou une auge pour préparer le mélange ;
- une truelle ou une petite langue-de-chat ;
- une raclette en caoutchouc adaptée au rejointoiement ;
- une brosse ou un balai à poils souples ;
- une éponge propre ;
- des gants et des lunettes de protection.
Le choix des outils dépend en partie de la largeur et de la profondeur des joints, mais aussi du type de mortier utilisé. Certains produits se posent directement à la raclette tandis que d’autres nécessitent un remplissage plus précis à la truelle.
Comment retirer les anciens joints abîmés ?
Avant de refaire les joints d’une terrasse en béton, il faut retirer toutes les parties qui ne sont plus suffisamment solides. Cette étape conditionne directement l’adhérence du nouveau mortier.
Commencez par dégager les portions friables à l’aide d’un grattoir, d’un burin ou d’un outil adapté. Le but n’est pas nécessairement de retirer systématiquement toute la profondeur du joint si certaines zones restent parfaitement saines. En revanche, aucune partie poudreuse, fissurée ou mal fixée ne doit être conservée.
Travaillez progressivement afin de préserver les arêtes des dalles. Un burin placé trop près du bord ou un disque mal maîtrisé peut provoquer des éclats difficiles à réparer. Sur les revêtements anciens, il est donc préférable de retirer le matériau par petites sections plutôt que de chercher à avancer trop rapidement.
La profondeur à dégarnir doit permettre au nouveau mortier de disposer d’une épaisseur suffisante pour adhérer. Un simple film de quelques millimètres posé sur un ancien joint dégradé risque de se fissurer ou de se décoller rapidement.
Une fois le dégarnissage terminé, aspirez soigneusement les poussières, le sable, les petits fragments de mortier et les éventuelles racines. Le fond et les parois des joints doivent être propres avant de passer à la préparation de la terrasse.
Comment préparer les dalles avant le rejointoiement ?
Une bonne préparation évite que des saletés ou des résidus empêchent le mortier de se fixer correctement. Après avoir retiré les anciens joints, il est conseillé de nettoyer toute la surface de la terrasse, notamment si elle présente des mousses, de la terre ou des dépôts accumulés avec le temps.
Brossez les joints et les bordures des dalles afin d’éliminer les particules non adhérentes. Lorsque cela est nécessaire, un lavage à l’eau peut compléter le nettoyage. Après un nettoyage intensif, il faut toutefois laisser la terrasse retrouver l’état d’humidité recommandé pour le produit utilisé.
Certains mortiers se posent sur un support légèrement humide, tandis que d’autres exigent des conditions différentes. Il est donc important de suivre les recommandations du fabricant. Dans tous les cas, il faut éviter les joints remplis d’eau au moment de la pose.
Profitez également de cette étape pour vérifier l’état général de la terrasse. Une dalle instable, affaissée ou mobile doit être remise en place avant le rejointoiement. Un joint neuf ne peut pas compenser les mouvements d’une dalle mal calée. Les contraintes mécaniques finiraient rapidement par provoquer de nouvelles fissures.
Il faut enfin distinguer les joints entre dalles des véritables joints de dilatation ou de fractionnement. Ces derniers sont conçus pour absorber les mouvements de l’ouvrage et ne doivent pas être remplis avec un mortier rigide si leur conception prévoit un matériau souple.
Quelle technique pour refaire les joints des dalles extérieures ?
La méthode de pose dépend du produit utilisé, mais le principe reste le même : remplir complètement les espaces sans laisser de poches d’air ni de zones insuffisamment garnies.
Préparez d’abord le mortier en respectant précisément le dosage indiqué. Ajouter trop d’eau pour rendre le mélange plus facile à appliquer peut réduire ses performances, provoquer un retrait excessif ou favoriser les fissures pendant le séchage.
Déposez ensuite le mortier dans les joints à l’aide d’une truelle, d’une raclette ou de l’outil prévu par le fabricant. Faites pénétrer le produit sur toute la profondeur disponible et tassez-le soigneusement. Les joints doivent être remplis de manière homogène sur toute leur longueur.
Lorsque la surface commence à prendre, retirez l’excédent présent sur les dalles. Le nettoyage doit être réalisé au bon moment : trop tôt, il peut creuser les joints ; trop tard, les traces de mortier peuvent devenir difficiles à enlever.
La finition peut être légèrement creuse, affleurante ou lissée selon le rendu recherché et le type de revêtement. L’essentiel est d’obtenir un joint régulier, dense et suffisamment compact.
Il faut ensuite respecter la durée de séchage ou de durcissement indiquée avant de remettre la terrasse en service. Pendant cette période, protégez autant que possible les joints d’une pluie importante, d’un lavage à grande eau ou d’un passage intensif.
Faut-il mouiller les joints après la pose ?
Cela dépend du mortier utilisé. Certains produits à base de ciment doivent être protégés d’un séchage trop rapide, notamment par temps chaud ou venteux. D’autres mortiers, notamment certaines formulations prêtes à l’emploi, répondent à des consignes spécifiques.
Il vaut donc mieux respecter la fiche technique du produit plutôt que d’appliquer une règle générale. Une humidification excessive peut être aussi problématique qu’un séchage trop rapide.
Quel mortier choisir pour des joints durables ?
Le choix du mortier dépend de la nature des dalles, de la largeur des joints, du type de pose et des conditions auxquelles la terrasse est exposée.
Pour une terrasse extérieure, le produit doit avant tout être compatible avec les cycles d’humidité, les variations de température et, selon la région, le gel. Un mortier destiné uniquement à un usage intérieur n’est pas adapté.
Le mortier de jointoiement cimentaire pour extérieur constitue une solution courante pour les dalles en béton posées sur un support suffisamment stable. Il permet de réaliser des joints résistants lorsqu’il est correctement dosé et appliqué sur une base bien préparée.
Il existe aussi des mortiers de jointoiement formulés spécifiquement pour les terrasses et pavages. Certains sont conçus pour supporter des joints relativement larges ou pour faciliter l’écoulement de l’eau. D’autres offrent une meilleure résistance à l’abrasion ou au développement des mauvaises herbes.
Le choix doit notamment tenir compte :
- de la largeur minimale et maximale de joint admise par le produit ;
- de la profondeur nécessaire ;
- de la compatibilité avec le béton ;
- de la résistance aux intempéries et au gel ;
- du type de support situé sous les dalles ;
- du caractère perméable ou imperméable du système de pose.
Il ne faut pas confondre un mortier de jointoiement avec un simple mélange de sable déposé librement entre les dalles. Le sable peut convenir à certaines techniques de pose spécifiques, mais il ne procure pas les mêmes propriétés qu’un joint maçonné.
Enfin, les joints destinés à absorber les mouvements structurels nécessitent généralement un produit souple adapté, comme un mastic extérieur compatible avec le support. Ils ne doivent pas être condamnés par un mortier rigide.
Comment entretenir les joints d’une terrasse rénovée ?
Des joints correctement réalisés demandent relativement peu d’entretien, mais quelques gestes simples permettent de prolonger leur durée de vie.
Balayez régulièrement la terrasse afin d’éviter l’accumulation de terre, de feuilles et de matières organiques dans les petites irrégularités. Ces dépôts retiennent l’humidité et créent des conditions favorables au développement des mousses et des végétaux.
Surveillez également l’apparition de petites fissures. Une dégradation légère est généralement plus facile à réparer qu’un joint complètement désagrégé. Une inspection au printemps ou après une période de gel permet notamment de repérer les zones fragilisées.
Lorsque vous nettoyez la terrasse au nettoyeur haute pression, évitez de diriger un jet puissant et prolongé directement dans les joints. Une pression excessive peut progressivement les creuser, surtout lorsqu’ils commencent à vieillir.
Les mauvaises herbes qui apparaissent ponctuellement doivent être retirées avant que leurs racines ne s’installent profondément. Leur présence répétée peut signaler un joint déjà fissuré ou partiellement vidé.
Enfin, évitez de considérer le rejointoiement comme une solution à tous les problèmes de terrasse. Si les joints se fissurent de nouveau peu après leur rénovation, il faut rechercher la cause : dalles instables, support affaissé, mauvaise évacuation de l’eau ou absence de joints permettant les mouvements de la structure. Corriger l’origine du problème permettra d’obtenir une rénovation nettement plus durable.




